Québec, 18 mars 2026 – Dans un budget contenant peu de surprises, le Chantier de l’économie sociale ne peut faire autrement que constater l’absence de reconnaissance pour les entreprises d’économie sociale qui représentent 250 000 travailleuses et travailleurs dans près de 12 000 entreprises collectives.
Face aux défis de l’État québécois à un moment de grande insécurité économique et politique à l’échelle globale, qui appelle à innover pour assurer le bien-être et la résilience des Québécois et Québécoises, le Chantier de l’économie sociale aurait souhaité voir un engagement clair du gouvernement pour favoriser un modèle d’affaires composé d’entreprises collectives gouvernées démocratiquement et qui réinvestissent leurs profits dans leurs communautés. En ce sens, à la veille d’une campagne électorale, c’est une occasion manquée de souligner l’apport des entreprises collectives à la construction d’un Québec plus résilient, juste et durable.
Un exemple illustrant l’absence de reconnaissance de l’apport de l’économie sociale
Bien que le gouvernement continue à investir dans la création de places en garderie pour les familles québécoises, il est maintenant clair que le modèle des CPE – une fierté nationale en économie sociale qui a transformé la vie de centaines de milliers de femmes au Québec – est délaissé par ce gouvernement. En effet, dans les 5 000 places qui sont prévues dans le budget, le gouvernement se dote d’un objectif interne de seulement 10% de conversion en CPE.
Pourtant, les avantages des CPE par rapport aux garderies subventionnées ne sont plus à prouver. Le rapport de la vérificatrice générale paru au printemps 2024 démontrait hors de tout doute que les CPE offrent des services de meilleure qualité, avec 79% des CPE passant l’évaluation de qualité comparativement à 43% pour les garderies subventionnées. Et c’est sans compter que plusieurs CPE possèdent les bâtiments dans lesquels ils opèrent, permettant ainsi d’utiliser les leviers en équité pour bâtir de nouvelles installations ; sans oublier qu’ils sont gouvernés par les principaux intéressés, les parents mêmes des enfants qui utilisent le service.
Transformer l’économie au bénéfice des Québécois et des Québécoises : c’est possible
« À la veille des élections nationales, j’invite tous les partis à prendre acte du potentiel transformateur de l’économie sociale au Québec. Des milliers d’entreprises, au quotidien, travaillent à bâtir une économie à l’avantage des Québécois, dynamisant les régions, créant des emplois de qualité et réinvestissant les profits dans les communautés plutôt que dans les poches d’actionnaires de New York ou Dubaï. La reconnaissance de l’économie sociale dans le budget et les programmes du Québec n’est pas symbolique : elle est un engagement pour des communautés plus résilientes, plus justes et plus durables », affirme Béatrice Alain, directrice générale du Chantier de l’économie sociale.
À l’occasion du Sommet de l’économie sociale au printemps 2025, près de 1 500 acteurs économiques, culturels, environnementaux, politiques et communautaires se sont dotés de propositions concrètes pour bâtir une économie au service des Québécois. Lors de la campagne électorale, le Chantier présentera ces propositions du mouvement de l’économie sociale, afin d’inspirer les partis à mettre de l’avant des solutions collectives aux défis communs. Parmi ces propositions, nommons :
« Des dizaines de milliers d’entrepreneurs collectifs souhaitent mettre à profit leur expertise qui génèrent des transformations sociales par l’activité économique. Malheureusement, ce budget ne reconnaît pas pleinement leur apport, et les volontés de ces entreprises de répondre aux grands enjeux de société exprimés, il y a moins d’un an lors du Sommet de l’économie sociale », conclut Laurent Levesque, président du Chantier de l’économie sociale.
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Source : Chantier de l’économie sociale
Renseignements :
Jacob Homel
Directeur, Affaires publiques
Cellulaire : 438-764-0368
Courriel : jacob.homel@chantier.qc.ca
À propos du Chantier de l’économie sociale
Le Chantier de l’économie sociale est une organisation autonome et non partisane qui a pour principal mandat la concertation pour la promotion et le développement de l’entrepreneuriat collectif au Québec. Corporation à but non lucratif, le Chantier réunit des promoteurs d’entreprises d’économie sociale (coopératives et organismes sans but lucratif) œuvrant dans de multiples secteurs d’activités (communications, loisir, technologies, habitation, services aux personnes, ressources naturelles, formation, financement, services de proximité, culture, etc.), des représentants des grands mouvements sociaux et des acteurs du développement local en milieux urbain et rural.
L’économie sociale au Québec en bref
Le Québec compte plus de 11 300 entreprises d’économie sociale qui représentent globalement un chiffre d’affaires de 53,6 milliards de dollars. Celles-ci procurent un emploi à plus de 248 000 personnes.